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Comment exploiter le BODACC pour trouver de nouveaux clients BTP en 2026

Le BODACC publie chaque jour les créations BTP. Comment l'exploiter pour identifier vos prochains clients avant vos concurrents — méthode complète et légale.

En résumé — Le BODACC est une base publique gratuite qui publie chaque jour les créations d’entreprises françaises. Pour un fournisseur BTP, c’est une mine d’environ 200 nouveaux artisans par jour ouvré. Trois méthodes pour l’exploiter : la consultation manuelle, gratuite mais chronophage ; le téléchargement du CSV brut puis le traitement sur Excel ; ou l’abonnement à un service d’alertes filtrées. Cette troisième option coûte 19 à 49 €/mois et permet d’économiser 8 à 12 heures par semaine.

Le BODACC en 30 secondes

Le BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) est la publication légale officielle de l’État français. Il recense :

  • Les créations d’entreprises (immatriculation au RCS)
  • Les modifications (changement de dirigeant, transfert de siège, augmentation de capital)
  • Les cessions de fonds de commerce
  • Les procédures collectives (sauvegarde, redressement, liquidation)
  • Les radiations

Il est édité par la DILA (Direction de l’Information Légale et Administrative), publié quotidiennement, et accessible via une API gratuite et illimitée. Les données sont diffusées sous licence ouverte Etalab v2 : vous pouvez les utiliser librement à des fins commerciales, à condition de citer la source.

Pourquoi c’est de l’or pour un fournisseur BTP

Un nouvel artisan qui s’immatricule en plomberie a besoin, dans les 90 jours qui suivent, de :

  • Un fournisseur de matériel sanitaire (cumulus, robinetterie, joints)
  • Un fournisseur de plomberie générale (tubes cuivre, multicouche, raccords)
  • Un distributeur de chauffage s’il étend l’activité au gaz ou à la pompe à chaleur
  • Un outilleur professionnel (perceuse, défonceuse, niveau laser)
  • Une assurance décennale (mais c’est un autre métier)

Le premier fournisseur qui l’appelle dans la première semaine devient son fournisseur par défaut. Pas par hasard : par fidélité humaine, et parce qu’une fois la routine installée, plus personne n’a envie de tout comparer à nouveau.

Chiffre clé : un artisan plombier achète en moyenne 20 000 à 50 000 €/an de fournitures à son distributeur principal. Multipliez par cinq ans de relation : vous mesurez l’enjeu.

Encore faut-il savoir qu’il existe pour l’appeler en premier. Et la majorité des fournisseurs BTP n’en sait rien — parce qu’ils s’appuient sur des fichiers de prospection vieux de six mois achetés à des courtiers, ou sur des Pages Jaunes qui datent presque de leur création.

Méthode 1 — Consultation manuelle (gratuite, longue)

Vous vous rendez sur bodacc.fr ou sur data.gouv.fr/fr/datasets/bodacc, puis vous filtrez par :

  • Type d’avis : Création
  • Code NAF : 43.22A (plomberie), 43.21A (électricité), 43.31Z (placo), etc.
  • Département : votre zone

Vous récupérez manuellement le SIREN de chaque création, vous vous rendez sur societe.com ou pappers.fr pour obtenir les coordonnées du dirigeant, puis vous reportez le tout dans un fichier Excel.

Temps réel sur un département moyen : 1 h 30 à 2 h par jour ouvré. Soit 8 à 10 heures par semaine rien que pour la collecte. Sur un département très actif (75, 13 ou 33), comptez le double.

Cette méthode fonctionne techniquement. Elle ne tient pas dans l’agenda d’un commercial qui doit aussi appeler.

Méthode 2 — Téléchargement CSV + traitement Excel

L’API BODACC permet de télécharger des CSV journaliers. Avec un peu de tableur :

  1. Téléchargement du CSV via curl ou navigateur (URL : https://bodacc-datadila.opendatasoft.com/api/explore/v2.1/catalog/datasets/annonces-commerciales/exports/csv)
  2. Filtrage par codes NAF dans Excel (filtre texte sur la colonne cj)
  3. Filtrage par département (colonne departement)
  4. Suppression des doublons (un même SIREN apparaît parfois plusieurs fois si plusieurs avis sont publiés le même jour)
  5. Enrichissement des coordonnées via l’API Pappers (clé gratuite jusqu’à 500 appels/mois)

Temps initial : 4 h pour mettre en place le tableur. Temps récurrent : 30 min/jour. Soit environ 2 h 30 par semaine.

Le piège : les fichiers CSV BODACC pèsent 800 000 lignes par jour au niveau national. Excel s’essouffle vite ; il faut passer à Power Query ou à Python. Et le jour où vous oubliez, l’occasion est passée.

Méthode 3 — Abonnement à un service d’alertes

C’est le métier de Leaddar (et de quelques concurrents enterprise plus chers). Vous payez 19 à 49 €/mois, vous configurez votre secteur et votre département en 30 secondes, et chaque matin à 7 h vous recevez un seul email avec :

  • La liste des nouvelles entreprises créées la veille dans votre filtre
  • Le nom du dirigeant (issu de Pappers)
  • Le téléphone et l’email lorsqu’ils sont disponibles
  • L’adresse de l’entreprise
  • Le code NAF déclaré

Temps de traitement : 30 secondes pour lire l’email. Rien d’autre.

MéthodeCoût directTemps/semaineCouverture
Consultation manuelle0 €8 à 10 h1 département
CSV + Excel0 € (avant Pappers payant)2 h 30 + maintenanceVariable
Service d’alertes19-49 €/mois< 5 minFrance entière au plan Pro

Si vous valorisez votre temps à 50 €/h (estimation prudente pour un commercial), la méthode manuelle vous coûte 2 000 €/mois en temps. Le service d’alertes vous coûte 49 €/mois d’abonnement. Le calcul est vite fait.

Les pièges classiques

Piège 1 — Les « fausses créations »

Une partie des annonces BODACC concerne des transferts de siège social ou des changements de forme juridique d’entreprises existantes. Si vous filtrez naïvement sur « création », vous récupérez du bruit. Il faut aussi filtrer sur le code acte = "C" (création réelle) et exclure les modifications M.

Piège 2 — Les codes NAF imprécis

Beaucoup d’artisans s’immatriculent avec un code NAF générique comme 43.99B (« Travaux de maçonnerie générale »), même si leur activité réelle est très différente (chape, ravalement, gros œuvre…). Pour ne pas passer à côté, élargissez aux codes connexes (43.99A, 43.99C, 43.99D) et lisez l’objet social en complément.

Piège 3 — Le délai d’inscription

Une entreprise est immatriculée au Greffe puis publiée au BODACC avec trois à cinq jours de décalage. Sur Leaddar comme ailleurs, vous voyez donc en réalité les créations d’il y a quatre à cinq jours. Ce n’est pas un défaut du service, c’est un délai légal.

Piège 4 — Le dirigeant absent

Pour environ 15 à 20 % des créations, Pappers n’a pas encore les coordonnées du dirigeant le jour de la publication. Elles arrivent quelques jours plus tard. Soit vous interrogez à nouveau, soit vous attendez. Sur Leaddar, l’alerte est envoyée tout de même avec la mention « coordonnées en cours », et nous renvoyons un complément lorsqu’elles arrivent.

Le bon process commercial après l’alerte

Recevoir l’alerte n’est que la moitié du travail. Voici le process qui transforme un signal en client.

J+1 (jour de réception de l’alerte) — Vous appelez. Court, direct, sans envolée commerciale. Exemple :

« Bonjour Monsieur Dupont, [Prénom] de [Société]. Je viens de voir que vous avez immatriculé votre entreprise de plomberie cette semaine — bravo. Je vous appelle parce que nous sommes fournisseur sur Béziers, et je voulais simplement vous laisser mes coordonnées au cas où vous chercheriez un dépanneur sur le matériel. Vous démarrez sur quel premier chantier ? »

Aucun argumentaire produit. Une question ouverte. Vous écoutez, puis vous proposez de passer voir l’atelier ou d’envoyer un catalogue.

J+3 — Email de suivi avec catalogue et tarifs préférentiels « premiers achats ».

J+10 — Relance téléphonique : « Vous avez démarré le chantier dont nous avions parlé ? »

J+30 — Visite physique si le contact est tiède. Café, présentation du showroom.

Sur 10 appels à J+1, vous obtenez en moyenne 2 à 3 retours intéressés, 1 à 2 visites programmées et 0,5 à 1 client acquis sur le premier mois. Soit 5 à 10 % de taux de conversion — bien au-dessus de la prospection à froid sur fichier acheté (1 à 2 %).

La légalité — lever les doutes

Q : Est-il légal d’utiliser les données BODACC pour prospecter ? Oui. Le BODACC est diffusé sous licence ouverte Etalab v2. Vous pouvez l’utiliser à des fins commerciales, y compris pour prospecter, à condition de citer la source DILA dans vos documents commerciaux si vous les republiez (mais pas si vous les utilisez juste pour appeler).

Q : Et le RGPD ? Le RGPD s’applique aux données personnelles. Le nom d’un dirigeant et son téléphone professionnel sont des données personnelles d’origine professionnelle : la prospection à froid est légale en B2B en France, à condition de :

  • Pouvoir indiquer la source si elle est demandée
  • Proposer un opt-out clair (article 21 RGPD : droit d’opposition)
  • Ne pas conserver les données au-delà du nécessaire (typiquement trois ans après le dernier contact actif)

Q : Et la loi Naegelen / l’opposition au démarchage téléphonique ? Bloctel ne s’applique qu’aux particuliers (B2C). Les professionnels joints sur leur ligne professionnelle peuvent être appelés. À noter : si un dirigeant déclare son numéro personnel comme numéro de l’entreprise, vous restez en B2B au sens de la loi.

Q : Pappers a-t-il le droit de revendre les coordonnées ? Pappers ne revend pas la donnée : Pappers expose, via API, des informations qu’il a collectées sur des sources publiques (Greffes, INPI). Vous payez le service d’agrégation, pas la donnée elle-même. C’est l’équivalent légal d’un annuaire professionnel enrichi.

Combien d’entreprises BTP créées par jour, vraiment ?

Données 2024-2025 (sources : INSEE et BODACC) :

  • Maçonnerie / gros œuvre (43.99B, 41.20A) : ~ 60-90/jour
  • Plomberie / sanitaire (43.22A) : ~ 30-45/jour
  • Électricité (43.21A) : ~ 25-35/jour
  • Menuiserie / charpente (16.23Z, 43.32A) : ~ 20-30/jour
  • Couverture / étanchéité (43.91A, 43.99A) : ~ 15-25/jour
  • Plâtrerie / placo (43.31Z) : ~ 20-30/jour
  • Peinture intérieure (43.34Z) : ~ 30-50/jour

Total France : environ 200 à 400 nouvelles entreprises BTP par jour ouvré, soit 50 000 à 100 000 par an. Ramené à un département moyen (95 départements en France métropolitaine) : 2 à 8 créations BTP par jour.

C’est un volume parfaitement calibré pour un commercial : assez pour avoir matière à appeler chaque jour, pas trop pour être submergé.

Faut-il un outil ou pas ?

Si vous êtes artisan solo ou très petit fournisseur sur un seul département : la méthode 2 (CSV + Excel) suffit ; comptez une demi-heure par jour. Vous vous en sortez sans payer.

Si vous êtes commercial dans un groupe de fournisseurs, dirigeant de TPE qui n’a pas le temps ou fournisseur multi-départements : prenez un service d’alertes. À 19-49 €/mois, le ROI est atteint dès le premier client signé.

Si vous travaillez sur plusieurs niches (BTP + autres secteurs) : le plan Pro à 49 €/mois ou Business à 99 €/mois est plus adapté.


Aller plus loin

Vous voulez tester sans vous engager ? Recevez un email d’exemple avec votre secteur et votre département : on vous l’envoie en 2 minutes.